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CES 8 PHRASES BLESSANTES QUE L'ON NE DOIT PLUS ENTENDRE QUAND ON SOUFFRE DE TCA

Ces 8 phrases blessantes que l’on ne doit plus entendre quand on souffre de TCA

CES 8 PHRASES BLESSANTES QUE L'ON NE DOIT PLUS ENTENDRE QUAND ON SOUFFRE DE TCA

Les TCA – ou Troubles du Comportement Alimentaire – placent l’individu qui en souffre dans un état d’hypersensibilité. Toute remarque s’apparentant à son physique, à son alimentation ou à n’importe quel autre aspect de sa vie, va être décortiquée et analysée par son cerveau de sorte à être automatiquement interprétée comme une attaque à l’encontre de sa personne. Que la phrase soit prononcée sous le ton de l’humour, de la moquerie, ou même de l’ironie, la personne souffrant de TCA sera forcément blessée par les propos reçus, dans la mesure où elle a un rapport extrêmement difficile avec elle-même, à tel point qu’elle ne peut imaginer qu’on puisse vouloir lui parler dans un but autre que celui de la dénigrer. Faire partie de l’entourage d’une personne atteinte de TCA nous met nécessairement dans une position délicate, en particulier lorsque l’on n’a jamais fait l’expérience de cette maladie mentale et que l’on n’a pas, ou peu d’information à ce sujet. La frontière entre un compliment et une insulte, devient alors très facile à franchir et il est parfois impossible pour cette personne proche, de prendre suffisamment de recul vis-à-vis de ses propres propos pour comprendre qu’elle a fait preuve d’une profonde indélicatesse à notre égard. Voici ci-dessous, huit phrases types que l’on ne veut plus entendre de la bouche de notre entourage lorsque l’on vit avec des troubles du comportement alimentaire :

 

Pourquoi tu veux maigrir ? tu n'en as pas besoin !

“Pourquoi tu veux maigrir ? Tu n’en as pas besoin !”

Combien de fois une personne souffrant d’anorexie a-t-elle eu le malheur d’entendre cette phrase ? Si initialement, on suppose que cette phrase est censée faire office de compliment, elle n’est absolument pas interprétée de la sorte, puisqu’elle met l’accent sur le trouble de dysmorphie corporelle – soit une déformation mentale de l’aspect réel du corps – qui font partie des facteurs déclencheurs des troubles du comportement alimentaire.

 

"Les garçons n'aiment pas les filles maigres !"

“Les garçons n’aiment pas les filles maigres !”

L’une des idées fausses les plus reçues sur les troubles du comportement alimentaire liés à une perte de poids significative chez la personne qui en est atteinte, est cette idée qu’elle cherche à maigrir pour devenir plus belle. S’il est vrai que les critères de la beauté dite “parfaite” et le culte de la maigreur qui polluent grandement notre société, peuvent influencer les troubles du comportement alimentaire, ce n’est pas le facteur majeur. 60% des personnes atteintes de TCA souffrent également de troubles de la personnalité obsessionnelle compulsive qui se caractérise par une préoccupation omniprésente pour l’ordre, le perfectionnisme et le contrôle.

 

"Tu fais peur ! on dirait que tu sors d'Auschwitz !"

“Tu fais peur ! on dirait que tu sors d’Auschwitz !”

Il est évident que d’être comparé à un prisonnier de camp de concentration est particulièrement difficile à encaisser et n’a rien de flatteur ! Surtout qu’à l’inverse d’une victime d’Auschwitz pour qui, la privation de nourriture était une forme de torture infligée par autrui, une personne souffrant d’anorexie se force d’elle-même à couper tous les canaux psychiquesde son cerveau qui font office de récepteurs à son sentiment de faim. Néanmoins, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce refus catégorique de manger n’a rien de “facile” pour la personne souffrant d’anorexie, dans la mesure où elle cherche à combattre l’un de ses besoins physiologiques primaires les plus élémentaires, qui découle de l’instinct purement naturel de la préservation de soi – dans ce contexte précis. De plus, l’homme est incapable de survivre pendant plus de trente jours sans manger, puisque l’ingestion d’aliments est essentiel à la fois pour son fonctionnement corporel et son fonctionnement cérébral. De ce fait, la dénutrition entraine des douleurs physiques et peut avoir de lourdes séquelles sur la santé : problèmes osseux, rénaux, anémie, carences alimentaires variées, insomnies, dérèglement du cycle menstruel etc…

 

"Tu vas vraiment manger ça ? "

“Tu vas vraiment manger ça ? “

Ce ton ironique est souvent adopté avec humour, puisque la notion de calories et de ce qui est “bon” pour notre organisme – que l’on associe généralement à quelque chose qui ne nous fera pas prendre de poids – fait entièrement partie de notre quotidien, puisque la société nous pousse inlassablement vers cette sempiternelle course à la minceur. Cependant, cette phrase qui peut paraître à première vue sans conséquence, est loin d’être anodine lorsqu’elle est adressée à une personne souffrant de TCA, en particulier de boulimie et d’anorexie vomitive. Cette phrase d’apparence innocente, a en réalité un effet dévastateur pour le mental de cette personne. Elle appuie directement sur cette notion de culpabilité alimentairequi découle automatiquement après une crise de boulimie – où la personne engloutit tout ce qui était à sa portée pour combler ce vide émotionnel inqualifiable qui l’envahit – qui se termine toujours dans la cuvette des WC, pour tenter d’apaiser ce sentiment d’avoir commis un affront impardonnable contre son corps et contre soi-même.

"Tu n'es pas boulimique, tu es grosse !"

“Tu n’es pas boulimique, tu es grosse !”

Cette phrase en elle-même est doublement blessante ! D’une part, parce qu’elle a de toute évidence était formulée dans le but d’être une pique malveillante, en particulier dans une société cherchant à faire primer la minceur – malgré toutes les avancées sur le body positive -, et d’autre part, parce qu’elle ignore le fait que la personne souffre réellement de boulimie et apparente davantage son comportement alimentaire à une obsession de la nourriture, plutôt qu’à une véritable maladie. Cela rejoint directement l’un des fléaux majeurs de notre société, qui est la grossophobie. Ce néologisme désigne l’ensemble des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent cruellement les personnes grosses, en surpoids ou obèses. Cette discrimination s’étend sur un large spectre touchant plusieurs aspects de la vie de ces personnes diagnostiquées “en surpoids”, par un professionnel médical. Aujourd’hui, on estime que 50% de la population française est en surpoids ou obèse, mais l’on peut supposer qu’une grande partie de cette population souffre potentiellement de boulimie et/ou d’hyperphagie – soit des crises alimentaires compulsives, généralement nocturnes -, qui la plonge dans un mal-être constant. Ces personnes font face à une discrimination quotidienne, qui entrave leur vie professionnelle. 20%des personnes obèses estiment avoir été discriminées à l’embauche. 11% sont des femmes contre 6% qui sont des hommes.

 

"Arrête de manger ce qu'il y a, si c'est pour vomir ensuite ! bonjour, le gâchis !"

“Arrête de manger ce qu’il y a, si c’est pour vomir ensuite ! bonjour, le gâchis !”

Voilà un exemple typique des réactions parfois trop violentes qu’une personne souffrant de TCA subit de la part de son entourage proche. On perçoit ici la démonstration évidente d’un sentiment de révolte et de colère, qui accompagne la frustration de ne pouvoir venir en aide à cette personne en souffrance perpétuelle, car le proche ne comprend tout simplement pas pourquoi la personne s’inflige d’elle-même un mal aussi fort. Elle essaye de la “réveiller” en s’adressant à elle de manière virulente et en mettant l’accent sur son comportement autodestructeur avec des propos forts et blessants. Néanmoins, ce n’est pas la bonne manière d’approche à adopter. La personne atteinte de TCA ne va pas soudainement prendre conscience de ce qu’elle fait, parce qu’elle le sait déjà. Elle a conscience des risques qu’elle prend et de la manière dont elle met sa santé en danger – elle a déjà googlé tout ça sur internet -, mais malgré cela, elle n’arrive pas à stopper cette habitude néfaste qui s’est installée dans son quotidien. C’est devenu un geste purement mécanique, auquel elle ne réfléchit plus. Un geste entièrement naturel pour elle. Et un geste pour lequel elle se déteste chaque jour un peu plus. Lui rabâcher les oreilles en lui disant que tout ce qu’elle va gagner au change, c’est de se détruire de l’intérieur, n’est pas une manière de procéder. La personne atteinte de TCA s’autoflagelle moralement suffisamment, elle n’a pas besoin qu’on l’enfonce davantage, elle le fait déjà très bien elle-même ! Au contraire, elle a besoin de se sentir soutenue, entourée et aimée. C’est ce sentiment qui la poussera vers le chemin de la guérison.

 

"Pourquoi tu ne sors jamais ? tu n'as pas d'amis ?"

“Pourquoi tu ne sors jamais ? tu n’as pas d’amis ?”

Une personne souffrant de TCA se plonge dans un profond isolement social. Elle cherche à minimiser au maximum ses contacts avec le monde extérieur, car elle a honte d’elle-même. Elle a également peur que les personnes qui la connaissent, remarquent le changement dans son comportement alimentaire. De plus, interaction sociale implique généralement d’aller au restaurant, de sortir boire un verre, d’aller voir un film au cinéma en accompagnant son visionnage d’un pot de popcorn etc., en résumé toute forme d’activité impliquant une consommation de nourriture. A la simple perspective de se retrouver confrontée à cette situation, où elle se transformera en calculator surhumain de calories, la personne atteinte de TCA ressent une véritable angoisse et décide donc de rester chez elle. Elle interagi peu avec ses collègues ou ses amis, en-dehors des moments où elle est forcée de les voir – durant ses heures de travail ou d’école – et préfère se noyer dans sa solitude. Cet état social semi-létal impacte non seulement son moral et la plonge dans un état dépressif, mais il freine également toute forme de motivation en elle. Cette forte baisse d’intérêt renforce à la fois son sentiment d’isolement et son mal-être, qui eux-mêmes provoquent un cycle dépressif chronique chez la personne souffrant de TCA, la plongeant ainsi dans un cercle vicieux infernal dont elle ne peut réchapper seule. 20% des personnes atteintes d’anorexie et 35% des personnes atteintes de boulimie, tentent de se suicider.

 

“Tu n’es pas malade ! tu fais un caprice! “

Non ! Celle-là est de loin la plus inacceptable ! L’un des clichés les plus répandus au sujet des TCA, est de l’associer à un caprice de “petite fille de riche”, ce qui est absolument faux ! Si les troubles psychologiques et mentaux dépeignent généralement le schéma d’inégalité des classes sociales, ce n’est pas le cas pour les troubles du comportement alimentaire, qui dépendent d’une expérience individuelle différente d’un cas à un autre. Le fait d’associer les troubles du comportement alimentaire à un caprice, revient à nier le fait qu’ils sont définis comme une maladie mentale et font l’objet de nombreuses études d’institutions psychologiques. Pourtant, si rien qu’en France, 600 000 jeunes en souffrent, il doit s’agir de bien plus qu’un simple “caprice” collectif. D’après l’article du Dr Corinne Blanchet, une endocrinologue et praticienne dans le centre hospitalier de La Maison de Solenn, “ce sont vraiment des maladies à la limite de la maladie psychiatrique et de la maladie médicale, c’est pour cela qu’une prise en charge pluridisciplinaire paraît tout à fait adaptée”. Les statistiques mortuaires liées aux TCA, sont véritablement dramatiques. Les TCA constituent la deuxième cause de mortalité prématurée chez les 15-24 ans, juste après les accidents de la route. Le taux de mortalité d’un jeune souffrant d’anorexie mentale est douze fois plus élevé que celui des personnes du même âge, non malades. De plus, il n’est pas facile de guérir des TCA, d’une part, parce que c’est une maladie que beaucoup refusent de reconnaître entant que telle, et d’autre part, parce qu’accéder à des centres médicalisés spécialisés, est extrêmement difficile. 50% des personnes souffrant de TCA ne bénéficient pas d’une prise en charge médicale. Le délai d’attente avant une première consultation dans une structure spécialisée est de 2 à 3 mois en raison du nombre                                                                                              très important de demandes.

 

Certaines de ces phrases ont certainement dû vous surprendre, quand d’autres vous ont probablement semblées familières. Que vous souffriez vous-même de TCA ou que l’un de vos proches soit celui atteint, il est important de garder à l’esprit que rien de ce qui nous arrive dans la vie n’est jamais une finalité en soi, mais une étape constituant notre parcours. Il est parfois difficile de percevoir la lumière au bout de tunnel, mais rassurez-vous, elle existe bel et bien. Vous pouvez aller consulter notre récent article, “Combattre la négativité: Penser positif ! Vivre heureux”,afin de suivre nos 5 conseils clés pour positiver dans la vie.

A toutes les personnes souffrant de TCA, sachez que vous n’êtes pas seules face à ce combat et que vous avez en réalité une large communautéà laquelle vous pouvez vous identifier pour vous soutenir – www.STOPTCA.fr, en fait partie, n’hésitez pas à nous contacter si vous ressentez le besoin de vous adresser à une oreille attentive et professionnelle -, qui se trouve simplement à portée de main – ou plutôt d’un clic internet.

A toutes les personnes ayant un proche souffrant de TCA, nous n’ignorons pas que c’est un véritable challenge de devoir affronter une telle situation et que l’impression de se sentir impuissant pour soulager le mal-être de quelqu’un que l’on aime, est sans doute une des choses les plus difficiles à vivre. Néanmoins, n’oubliez pas que la personne malade souffre autant, si ce n’est plus que vous-même. Nous ne vous demandons pas d’être spectateur et de ne rien faire, mais nous espérons que ces quelques phrases typiques que sont forcées de subir les personnes atteintes de TCA, vous auront fait prendre conscience de l’impact dévastateur que les mots peuvent avoir sur autrui– en particulier lorsqu’il s’agit d’un esprit émotionnellement instable et fragile. Les conseils fondamentaux à retenir – en-dehors du fait de toujours minutieusement mesurer le poids de vos propos avant de les adresser à quelqu’un -, sont les suivants : faites preuve au maximum de positivité lorsque vous êtes en présence de la personne malade, montrez-lui à quel point vous l’aimez, n’essayez pas de la traiter de façon brutale en pensant que cela provoquera un déclic transformateur chez elle, soyez sensible à son mal-être sans en minimiser l’importance, positionnez-vous le plus possible en épaule sur laquelle pleurer ou en oreille attentive à ses problèmes. C’est en parlant, que l’on parvient à trouver des solutions.

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